Newsletter n°68 : Apologie de Socrate : Mourir en homme libre
- lesenfantsdechiron
- 20 nov.
- 2 min de lecture

Par Linda Gandolfi
Pourquoi est-il encore nécessaire de lire Platon et en quoi la voix de Socrate peut-elle aujourd’hui nous aider à vivre et nous aider à affronter les difficultés de la vie ?
Dans le cadre de l’atelier lecture des Enfants de Chiron, nous avons en effet programmé la lecture de l’Apologie de Socrate par Platon ; un texte qui nous raconte le procès qui a été fait à Socrate par trois citoyens d’Athènes et qui a conduit à sa condamnation à mort. Socrate serait-il encore et toujours un exemple pour nous ?
L’accusation de Socrate portait sur trois domaines : il lui était reproché de ne pas honorer les Dieux de la Grèce, d’introduire des divinités nouvelles, et enfin de corrompre la jeunesse avec ses discours que l’on qualifierait aujourd’hui de subversifs.
Socrate réfuta tous les chefs d’accusation sans difficulté notamment en montrant comment toute vérité aussi belle soit-elle, engendre des résistances et génère des inimitiés. Là n’est pas le cœur du problème car comme le dit Socrate lui-même, les choses devaient se passer ainsi et son Daïmon, que l’on pourrait assimiler à sa voix intérieure — celle, qui bien souvent lui a dicté son comportement —, a laissé faire. Il aurait pu s’enfuir et s’exiler comme le lui conseillaient ses amis, mais il n’en fit rien. Non seulement il accepta le verdict, mais il le revendiqua au titre de sa liberté. C’est à cet endroit précis que réside à mon sens la dernière leçon du philosophe. Ainsi et contre toute attente, cette condamnation qui intervint à un âge avancé (Socrate avait alors 70 ans) fut vécue par le philosophe comme une chance. Mais oui, une chance, celle d’aller au-devant d’une mort qui le délivrait de la prison de l’existence et de toutes ses souffrances. Personne ne peut enlever à Socrate sa liberté, même pas une condamnation à mort ! Celle-ci consiste à donner du sens à toute situation imposée même la plus injuste.
Ses dernières paroles adressées à ses amis et son dernier vœux confirment cette immense sagesse : Il demanda à ses amis avant de mourir, de sacrifier un coq à Esculape le dieu de la médecine. Autrement dit, il leur demanda de remercier pour lui le Dieu qui le délivra de toutes les souffrances de la vie par la mort. Il vit alors se lever une nouvelle aube annoncée par le coq.
Une telle leçon de vie nous invite à analyser toute situation et ici plus particulièrement les difficultés rencontrées en ces temps difficiles, y compris avec les enfants, comme une chance de trouver sa liberté en donnant du sens à ce qui arrive et donc en y faisant face. Au-delà de l’injustice de toute situation, une aube se lève.
On peut lire l’apologie sur le Net dans une traduction de Victor Cousin : https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/apologie.htm

