Newsletter n°20 : Comment transformer une situation extraordinairement difficile en un moment spirituel plein de sens ?

Nous voudrions en premier lieu et en ces temps difficiles réaffirmer les valeurs humaines et spirituelles qui sont celles qui animent Les Enfants de Chiron.

Quelle que soit sa provenance et son origine, ce Coronavirus sème le chaos et se répand dans le monde comme une onde de choc, provoquant toutes sortes de symptômes allant d’un simple rhume à des complications pulmonaires très graves entrainant la mort.

Ce chaos n’est malheureusement pas sans rappeler le chaos que l’Occident a lui-même  engendré dans son aveuglement narcissique et sa course effrénée au progrès matérialiste. On a le sentiment que le virus se glisse dans les mailles d’un désordre déjà présent qu’il se contente de venir révéler. Il rend ainsi caduque la plupart de nos systèmes de préventions médicales et met à plat toutes les prévisions économiques censées nous apporter le bonheur. C’est donc à ce désordre qu’il nous appartient de faire face en essayant notamment d’élever notre réflexion à un niveau métaphysique.

En 1983, le philosophe George Gusdorf s’élevait contre la faillite de la raison en Occident et écrivait dans sa « Rétractation » :  » L’ordre humain ne se constitue que dans la mesure où l’ensemble des déterminismes à l’œuvre dans le réel se soumettent à une eschatologie du sens, en l’absence de laquelle l’univers retourne au chaos. »

De manière concrète, nous constatons que ce virus épargne miraculeusement les enfants et rudoie au contraire, les organismes usés ou déjà malades. C’est une chance pour la jeune génération et pour les parents et c’est peut être aussi le signe que plus que jamais, l’avenir — et un avenir différent  —, leur appartient. Un avenir qui saura faire une large place en priorité aux valeurs éthiques que réclame un niveau de conscience qui fait passer la dimension humaine avant les préoccupations matérialistes.

Ainsi chaque progrès, de même que chaque difficulté doit être considéré comme un défi à une élévation de notre conscience impliquant notamment une profonde réflexion et souvent une modification de nos points de vue. Seule cette souplesse de réflexion nous élèvera au-dessus de nos résistances inconscientes et dessinera de vraies espaces de liberté où les relations affectives de qualité pourront se déployer.

 

C’est donc dans ce cadre étroit du confinement imposé aux familles qu’une première phase  de ce changement est appelée, nous semble-t-il, à se jouer.

Le confinement des parents et des enfants souvent dans un petit espace des jours entiers n’est certes pas une perspective agréable. On sait que les tensions, les causes d’énervements vont être démultipliés. Pourtant, cela peut être l’occasion de créer de nouveaux rapports aux enfants et de prendre le temps de trouver des solutions à des situations latentes. Face à chaque moment difficile, il est important de comprendre que l’enfant détient et manifeste une vérité qui nous échappe et qui force la porte de notre intériorité. Il ne s’agit pas bien sûr de changer artificiellement de comportement mais de prendre le temps de comprendre ce qui se joue et se rejoue dans ces réactions souvent incompréhensibles. Aller déterrer ces scénarios mythiques enfouis dans la mémoire, tel est le véritable enjeu d’une réflexion qui sera susceptible de modifier en profondeur les relations dans les familles.

Cela commence par ce face-à-face avec l’enfant, avec l’autre différent, avec l’autre de soi si proche et si lointain. La question du « connais-toi, toi-même » de Socrate est plus que jamais au cœur de l’actualité.

Linda Gandolfi

S'inscrire à la newsletter

Ecrire un commentaire