Newsletter n°11 La Rentrée des classes : apprendre à vivre avec les autres

La première rentrée en maternelle est sans doute la première séparation consciente que vont devoir vivre les tout-petits. C’est un grand moment qui marque un pas vers l’autonomie et qui par conséquent, constitue un véritable test des facultés de l’enfant à accepter le choc de la séparation.

La différence avec la crèche ou la nounou est que l’on ne va pas à l’école pour être gardé même s’il y a une fonction éducative importante dans ces deux modes de garde précédant, mais pour y faire quelque chose. On y va pour acquérir des connaissances. Cependant, la première fonction, sans doute la plus importante de toutes et qui impacte l’apprentissage, est que l’on y apprend à rencontrer et à vivre avec les autres.

Dans la classe, il y a la maitresse, son assistante mais aussi tous les autres enfants avec lesquels il va falloir composer. La confrontation est primordiale et sans doute un peu plus difficile à vivre pour les enfants qui ne sont pas allés à la crèche bien que l’expérience soit différente. Il s’agit avant tout de trouver sa place individuelle tout en considérant la place des autres. Tel petit groupe est invité à dessiner, tel autre à assembler un puzzle, tel autre… etc. Puis voilà que la maîtresse s’adresse à l’ensemble pour lire une histoire. Nous voici au cœur de la confrontation du un et du multiple qui a tant taraudé les premiers philosophes ; mais ici, elle est vécue au quotidien dans la nécessité de construire son individualité et d’affirmer sa différence tout en se reconnaissant dans l’Autre.

Les réactions à cette confrontation ne sont pas toujours faciles à comprendre : tel enfant se tient en retrait et observe longuement les autres, tel enfant se précipite sur l’activité et s’en lasse aussitôt, tel autre encore organise les choses pour les autres et impose sa vision, tel autre enfin ignore qu’il y a des autres autour de lui et agresse celui qui vient le sortir brutalement de son monde… autant de positionnements qui trahissent une posture psychique à l’épreuve de la rencontre de l’Autre, cet Autre qui altère forcément quelque chose.

Voir les choses ainsi permet de mieux appréhender les réactions et aider les enfants à trouver leur marque. Il suffit de peu de chose :

– respecter la position de l’enfant et ne pas estimer qu’il s’agit de mauvaise volonté

– patienter et laisser l’enfant se libérer seul avant tout jugement négatif

– mettre des mots sur ce que l’enfant ressent quand on est sûr d’avoir identifié sa peur juste pour qu’il se sente compris et véritablement accompagné : Anna aime organiser les choses…

Linda Gandolfi

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