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Newsletter n°70 : Quel monde laissons-nous à nos enfants et comment relever le défi d’une décadence annoncée ?

  • il y a 6 jours
  • 4 min de lecture

 Il fait chaud, il fait froid, les orages sont de plus en plus violents, la grêle s’invite comme un phénomène normal, le vent par moments se déchaîne, les cours d’eau sortent de leur lit, les tornades se forment un peu partout, les feux sont incontrôlables, le désert gagne du terrain… Que se passe-t-il ?

La cause avancée : le réchauffement climatique. Que son origine soit en partie naturelle, en partie due à l’activité des hommes, ce réchauffement a peut-être bon dos. Ne peut-on envisager sans tomber dans un sombre mysticisme que le climat puisse être porteur d’un message autre que cette simple nécessité d’adaptation à un phénomène ?

 

La révolution industrielle que l’on peut situer au XIXe siècle mais qui prend sa source bien avant, est le fruit de l’ingéniosité du monde occidental. Elle a donné lieu à un développement spectaculaire des sciences et des techniques qui a transformé en un petit siècle, le paysage du monde. Routes, autoroutes, habitat, moyens de communication, industrie, agriculture…, autant de domaines passés au crible de la modernité que rien n’était susceptible de freiner.

 

Au cours de cette accélération exponentielle, la nature fut particulièrement ignorée et rendue à une simple chose sans intérêt autre que celui de servir le progrès : pillage des forêts, mécanisation de l’agriculture, boostage artificiel des cultures aux engrais, sans compter le développement d’une pollution galopante.     

 

Rien ne semblait alors pouvoir arrêter cet élan procurant passagèrement richesse et simplification de l’existence. Il semble que ce temps d’insouciance touche à sa fin. Et si la nature, lieu de toutes les convoitises, n’avait pas dit son dernier mot ? Si elle était tout simplement une réponse à l’arrogance des hommes ? Une réponse préparée de longue date et inexorable. Comment stopper un cyclone grand comme la superficie de la France ? Comment se protéger de vents de 200 km/heure ? Comment contrôler une pluie diluvienne ou le débordement d’un fleuve ?  Sans entrer dans une vision superstitieuse, comment ne pas voir derrière ces manifestations spectaculaires, l’expression de forces supérieures qui remettent l’homme à sa place ?

 

Nous étions pourtant avertis comme souvent, mais la voix des philosophes telle la voix de Cassandre, n’a eu, hélas, que peu de poids. Les premiers écrits des idéalistes allemands à la fin du XVIIIe siècle, ont proposé une philosophie de la nature mettant en évidence l’identité de l’homme et du monde qui l’entoure, premiers pas hésitants vers une philosophie qui tentait de prévenir des dangers de la science et de l’essor de la technique. Ils ont montré que la nature, à bien y regarder, n’est jamais que notre reflet identitaire. Autrement dit, nous sommes faits de ce monde : il n’y aurait pas de structure osseuse sans le monde minéral, pas d’images sans le monde végétal et pas de psyché sans le monde animal. Bergson nous apprend que la vie n’est pas un accident mais une lente élaboration complexe où la partie est en dialectique avec le tout, et l’homme en dialectique avec les éléments qui l’entourent.

 

Si Hegel voyait la nature comme l’ombre de l’esprit, incapable d’orienter les hommes au-delà de la contemplation, force est de reconnaître sa puissance qui défie toute construction humaine.

Cette approche philosophique a le mérite de donner un embryon d’explication à la logique de la vie, mais que faire pour inverser le cours des choses ? C’est là, à mon avis, que la génération actuelle des parents a un rôle essentiel à jouer dans l’éducation de ses enfants.

En effet, il ne s’agit pas seulement d’éveiller les enfants à une écologie qui respecte la vie sous toutes ses formes. C’est un premier pas, certes important et nécessaire mais insuffisant. Ce n’est plus sur le seul plan économique que ça se joue même si aujourd’hui il est dominant et que nous ne voyons pas d’autre issue. Le vrai changement ne peut provenir que d’une génération libérée du poids de l’histoire qui l’a précédée et ne gardant du passé que les valeurs héritées des véritables penseurs. 

Il s’agit de préparer les enfants à penser différemment le monde. Sortir de cette désillusion de la puissance humaine au profit d’une relation consciente. Comment cet homme, bien mal en point, échoué sur les rivages d’un monde en décomposition peut-il relever le défi d’une pensée éthique qui prend en compte l’Autre, les autres comme une composante de sa propre existence ? Telle est la question lancinante, tel est le cri qui traverse les âges depuis Platon.

 

Aujourd’hui cet Autre, ces autres s’invitent au cœur de notre intimité dans les réseaux sociaux, dans les écrans qui nous cernent, pâle esquisse de ce que sera le devenir dans cette grande chaîne humaine. Il faudra arriver à penser un monde dans lequel ni Poutine, ni Xi Jinping, ni Trump et même ni Macron, n’existeront plus. D’aucuns penseront : ils seront remplacés par leur double ou peut-être même des dirigeants pires encore. C’est possible, mais on peut aussi penser qu’un monde en décomposition appelle d’autres personnalités plus responsables, plus visionnaires. Ces hommes et ces femmes sont aujourd’hui en culottes courtes et il dépend des parents de les guider vers une éthique de l’existence. Malheureusement, il n’y a pas de mode d’emploi ni de recette pour une telle éducation, mais juste une volonté d’être à l’écoute de ceux qui sont encore dans la promesse du monde. Chacun de leur regard est un appel à cette conscience qui nous fait tant défaut.


Par Linda Gandolfi

 

 

Toute l'équipe des Enfants de Chiron 

vous souhaite une très belle année 2026 


 
 
 

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