Le couchage des bébés enfin en question !

Il aura donc fallu attendre que les bébés présentent des « têtes plates » pour qu’enfin certaines associations de parents s’insurgent contre une directive de l’OMS concernant le couchage des bébés, totalement injustifiée (à lire dans le Parisien du 5 avril 2017).
Dans les années 70, naissait la mode des couchages sur le ventre. A la maternité tous les bébés étaient systématiquement positionnés sur le ventre et si par malheur une mère protestait contre ce couchage étonnant, elle était taxée de « retardataire ». Une mode en lieu et place d’une réflexion, ça fait des dégâts. Résultat, quelques décennies plus tard, une recrudescence des morts subites du nourrisson que tout un chacun aurait pu prévoir, le nourrisson étant plus à même de s’étouffer la face contre l’oreiller.
Face à cette hécatombe, on décida alors de coucher les enfants sur le dos ! Autre bizarrerie décidée sans aucune réflexion qui nous vaut là encore, quelques décennies plus tard, « le syndrome tête plate » sans compter les torsions du cou des enfants et leur conséquences plus tardives.
Tout cela pour ne pas avoir tout simplement écouté les conseils « hors mode » qui consistent à faire dormir les enfants sur le côté (au besoin avec un petit cale-bébé à placer le long du dos).
L’intérêt pratique de cette position de couchage est évident : écoulement du lait sur le côté en cas de rejet du nourrisson, possibilité de changer de côté après chaque tétée donc pas de risque de déformation du crâne, pas de tiraillement du cou, possibilité pour le nourrisson de se tourner sur le dos dès qu’il en a les forces.
Mais c’est surtout « parce que la liberté est dans un entre-deux, parce que sur le dos, le nourrisson reste en contact avec le ciel étoilé et qu’il peut lui prendre l’envie soudaine de le retrouver et que sur le ventre, il est trop vite en contact avec le sol rugueux de l’existence. »

Il en va de même pour l’emmaillotage même si les conséquences sont moindres. Françoise Dolto s’est battu pour libérer les nourrissons des maillots qui emprisonnaient leurs jambes durant plusieurs mois. Elle avait certes raison dans la mesure où l’enfant a besoin de gigoter. Mais il y avait tout de même un avantage au maillot qu’il ne faut pas négliger surtout durant le premier mois et particulièrement la nuit. En effet, les frontières du Moi de l’enfant sont alors encore très faibles et ce petit enveloppement pendant son sommeil peut aider à apaiser ses angoisses.
Là encore, il est important de comprendre que chaque geste accompagne l’enfant dans l’élaboration d’une intériorité et doit être pensé en ce sens.

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