Faut‐il s’inquiéter des reflux du nourrisson ?

Le lait, cette première nourriture que le nourrisson peut ingérer est un aliment qui a la particularité d’émaner du corps de la mère (ou d’un substitut animalier, en général la vache). Cette alimentation prédigérée en quelque sorte souligne la difficulté pour tout nouveau-né d’ingérer ce monde et de le métaboliser. Digérer implique en effet de réaliser la première opposition à la substance en la transformant, opération qui va devenir le support physiologique d’une expérience psychique de la plus haute importance : l’accès au plaisir. Non seulement le lait apaise la faim, mais il représente ce premier cordon qui coule du corps de la mère (même par le truchement d’un biberon) et qui vient généreusement combler l’enfant.

L’expérience peut se lire à différents niveaux mais nous constatons d’ores et déjà qu’elle implique directement la qualité de la relation. La digestion va par conséquent aussi traduire les difficultés inhérentes à ces premiers moments au cours desquels les enjeux relationnels inconscients priment incontestablement sur la qualité du lait. Dans ce contexte, les reflux passagers sont quasi inévitables et devront être acceptés avec philosophie et sérénité. Nous dirons qu’ils constituent les premières défenses de l’enfant qui essaie de ne pas « tout avaler ». Il faudra cependant s’inquiéter si les rejets sont importants et récurrents. Dans ce cas là, encore et toujours, ils signaleront la difficulté à ingérer ce monde et il faudra en chercher la cause dans l’entourage qui créée ce monde un monde dont certains aspects, comme des aliments, sont indigestes pour lui.

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